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Un premier sondage canadien dresse un portrait du leadership des médecins

Nous avons besoin d’un plus grand nombre de médecins leaders, et ces leaders doivent être mieux reconnus et, dans bien des cas, correctement rémunérés.

Ce sont là quelques-unes des principales constatations d’une étude approfondie et unique menée afin d’évaluer les qualités et les attitudes des médecins leaders qui a été présentée à une séance spéciale de la Conférence canadienne sur le leadership des médecins, tenue récemment à Vancouver.

Cette étude, qui présente les réponses de 689 médecins occupant un poste de leadership formel ou informel et 15 entretiens détaillés, a été menée conjointement par l’Association médicale canadienne (AMC), la Société canadienne des médecins gestionnaires (SCMG) et le George & Fay Yee Centre for Healthcare Innovation de l’Université du Manitoba.

La présidente désignée de l’AMC, Cindy Forbes, a fait référence aux nombreuses expériences de leadership des médecins dans son discours, prononcé le deuxième jour de la conférence.

« Le leadership n’est pas réservé à un groupe “d’élite” de gestionnaires ou de directeurs, a-t-elle expliqué. Les compétences en leadership sont essentielles à une pratique médicale efficace, à toutes les étapes de notre carrière. »

L’étude indique que les répondants ont le sentiment qu’ils ont un penchant naturel pour le leadership, mais qu’il existe toujours une perception négative largement répandue – qui commence à l’école de médecine et se poursuit dans la pratique – selon laquelle le fait d’assumer un rôle de leadership consiste à « passer du mauvais côté ».

Le président de la SCMG, le Dr John Van Aerde, a présenté les données en compagnie de la chercheuse Anita Snell (Ph. D.). Ils ont applaudi le taux de réponse élevé, le sondage ayant été envoyé à tous les membres de la SCMG et à tous ceux qui ont assisté à un cours du PMI au cours des cinq dernières années. Des réponses ont été reçues de toutes les régions du pays, à l’exception du Yukon, et de médecins exerçant dans différents milieux de pratique et jouant des rôles de leadership variés.

Notant que le nombre de répondants et de répondantes était pratiquement égal, le Dr Van Aerde a indiqué que le leadership des médecins constaté aujourd’hui au Canada reflète la démographie changeante, le nombre de femmes médecins ayant considérablement augmenté ces dernières années.

La rémunération des médecins qui occupent un poste de leadership formel augmente parallèlement au nombre de rôles de leadership. Cependant, un répondant sur 14 a dit ne pas être payé pour ses activités de leadership formelles, et 18 % ont dit recevoir une simple allocation.

Le sondage indique également que ceux qui jouent un rôle de leadership de façon volontaire y consacrent de 38 à 81 heures non rémunérées par mois, et que dans l’ensemble, 40 % n’ont aucun soutien administratif ou ne sont pas rémunérés pour améliorer leurs compétences en leadership.

La plupart des répondants estiment que les médecins qui jouent un rôle de leadership formel devraient maintenir une pratique clinique active, quoique les avis sur l’ampleur de cette pratique varient considérablement. Selon une minorité des répondants, si un médecin comprend bien le milieu de pratique, il n’est pas nécessaire qu’il fasse du travail clinique pendant qu’il occupe un poste de leadership à temps plein.

Quand on leur a demandé quelle est la plus grande satisfaction associée au rôle de leader, les répondants ont dit le plus souvent que c’était la possibilité d’aider à améliorer le système et d’obtenir de meilleurs résultats pour les patients. L’administration est l’un des aspects les moins satisfaisants associés au rôle.

Les répondants pensent que l’AMC peut jouer un rôle dans l’amélioration du leadership des médecins en étant proactive et en cherchant à influencer le processus décisionnel dans l’ensemble du système de santé. Nombre d’entre eux ont également souligné l’importance des cours du PMI.

Quand on leur a demandé comment on pouvait encourager le leadership des médecins, les répondants ont dit que la formation était l’élément le plus important – notamment l’intégration d’une telle formation au programme des écoles de médecine.

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