Connexion

L’AMC dénonce cette attaque « sans précédent » à l’autonomie professionnelle des médecins

Une « attaque sans précédent à l’autonomie professionnelle des médecins » a incité l’Association médicale canadienne (AMC) à prendre des mesures historiques.

En effet, pour la première fois de son histoire, l’AMC a déposé un mémoire à l’Assemblée nationale du Québec – en collaboration avec l’Association médicale du Québec (AMQ) – pour protester contre le projet de loi 20 présenté par le gouvernement du Québec l’automne dernier.

Ce projet de loi imposerait des quotas de patients aux médecins de famille et aux spécialistes et les obligerait à accepter de fournir d’autres services (comme la prestation de soins à l’hôpital), sous peine de se voir infliger des sanctions.

Le Dr Laurent Marcoux, président de l’AMQ, et le Dr Pierre Harvey, porte-parole francophone et membre du Conseil d’administration de l’AMC, ont récemment comparu devant le comité qui tient des audiences publiques sur ce projet de loi. En lien avec ce projet de loi controversé, le ministre de la Santé du Québec a fait des commentaires négatifs au sujet de la productivité des médecins de la province.

Dans leur mémoire, l’AMC et l’AMQ applaudissent l’intention du projet de loi, soit l’amélioration de l’accès aux soins de santé dans la province, mais critiquent l’approche adoptée par le gouvernement du Québec et le manque actuel de détails sur la législation à l’appui du projet de loi.

« Notre mémoire en dit long sur notre préoccupation concernant le projet de loi 20 », explique Chris Simpson, président de l’AMC.

« Le projet de loi constitue une attaque à l’autonomie professionnelle des médecins sans précédent dans l’histoire de la profession médicale au Canada. L’AMC a joint sa voix à celle de l’AMQ pour le dénoncer en raison des impacts qu’il pourrait avoir sur l’ensemble de la profession médicale. »

Au sujet des plans visant à imposer des quotas de patients aux médecins du Québec, le mémoire précise que cela pourrait avoir des effets pervers en incitant les médecins « à adopter une pratique axée sur le volume au détriment de la qualité [et] conduire à des examens incomplets et une multiplication des analyses et des tests, ce qui pourrait mener au surdiagnostic ».

Le mémoire conteste également l’affirmation du gouvernement du Québec selon laquelle les médecins de cette province seraient moins productifs que ceux des autres régions. Il précise que cette comparaison est basée sur une prémisse erronée car elle se fonde sur des modes de facturation qui ne s’équivalent pas.

L’AMC et l’AMQ ont étayé leur propos de données provenant du Sondage national des médecins, qui montrent que même si les médecins de l’extérieur du Québec travaillent plus que leurs collègues de cette province, la différence a diminué. Elle a chuté de 44 % entre 2010 et 2014, et représente seulement 1,37 heure par semaine. En outre, les médecins du Québec s’adonnent à 20 % de plus d’activités de recherche que leurs collègues du reste du pays.

Envoyer des commentaires au sujet de cet article à : cmanews@cma.ca.