Association médicale canadienne

Baby held by a doctorUn cas de poliomyélite d’origine vaccinale contractée à New York a attiré l’attention de la santé publique locale et donné lieu à des campagnes de vaccination antipoliomyélitique. Voici ce que vous devez savoir :

Un cas à New York

En juin 2022, un jeune adulte non vacciné contre la poliomyélite a reçu un diagnostic de poliomyélite paralytique (aussi appelée « poliomyélite »). Il s’était présenté dans un service des urgences du comté de Rockland (en banlieue de New York) pour cause de fièvre, de raideur au cou, de douleurs abdominales et dorsales, de constipation et de faiblesse bilatérale des membres inférieurs. L’analyse d’un échantillon de selles a confirmé la présence du poliovirus dérivé d’une souche vaccinale de type 2 (PVDV2), soit une version de la souche du vaccin antipoliomyélitique oral Sabin de type 2, maintenant liée à des souches isolées à Londres et à Jérusalem.

La poliomyélite est une infection virale très contagieuse causée par le poliovirus. Elle se transmet d’une personne à une autre par contact avec des matières fécales (transmission oro-fécale) ou avec des gouttelettes respiratoires. De nombreuses personnes infectées par le poliovirus demeurent asymptomatiques, bien qu’environ le quart des patients développent une maladie pseudo-grippale spontanément résolutive et qu’environ un patient sur 200 contracte une poliomyélite paralytique. Parmi les personnes atteintes de paralysie, près de 5 % meurent lorsque les muscles respiratoires deviennent paralysés. Il n’y a aucun traitement contre la poliomyélite, mais il est possible de la prévenir au moyen de la vaccination.

Endémicité et vaccination

Le poliovirus a été éradiqué dans la plupart des pays grâce aux efforts de vaccination massive déployés par l’Organisation mondiale de la Santé et la Global Polio Eradication Initiative durant la deuxième moitié du vingtième siècle. Toutefois, la poliomyélite reste endémique dans certaines régions du monde (moins de 200 cas signalés annuellement depuis les cinq dernières années). La poliomyélite d’origine vaccinale est toujours rare, mais elle est plus courante que les infections par le poliovirus sauvage (d’origine naturelle) : en 2021, 682 cas de poliomyélite d’origine vaccinale ont été signalés par rapport à six cas de poliomyélite de type sauvage.

Il y a deux types de vaccins contre la poliomyélite : le vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) et le vaccin antipoliomyélitique oral (VPO). Le vaccin inactivé ne peut pas se répliquer ni causer la poliomyélite, alors que le vaccin oral est une forme affaiblie du poliovirus qui peut se répliquer chez certaines personnes et se propager à d’autres. Le vaccin inactivé est utilisé aux États-Unis depuis 2000. Les programmes de vaccination du Canada ont abandonné le VPO au profit du VPI en 1995 et 1996. Le vaccin oral n’est plus recommandé ni disponible au Canada, mais son utilisation demeure très répandue dans le monde.

Qu’est-ce que la poliomyélite d’origine vaccinale?

Le terme « poliomyélite d’origine vaccinale » est quelque peu trompeur, car il ne fait pas référence au développement de la poliomyélite chez une personne vaccinée. Les cas de poliomyélite d’origine vaccinale sont plutôt dus à des mutations de la souche du vaccin oral et à la transmission de la maladie d’une personne ainsi vaccinée à des personnes non vaccinées. Pour cette raison, les personnes non vaccinées demeurent les plus vulnérables tant aux infections par le poliovirus sauvage qu’à la poliomyélite d’origine vaccinale. Des éclosions de poliomyélite d’origine vaccinale se sont produites dans des régions où la couverture vaccinale est faible – deux éclosions indépendantes (y compris plus de 150 cas en République démocratique du Congo et au Yémen) ont été signalées en 2022.

Le cas de poliomyélite d’origine vaccinale à New York a poussé les autorités de la santé locales à mener une enquête et des tests de surveillance des eaux usées. Comme le patient n’avait pas voyagé à l’étranger, il avait vraisemblablement contracté la maladie aux États-Unis. Il s’agit du deuxième cas de poliomyélite contractée localement aux États-Unis depuis 1979.

Contrôle des eaux usées

La même souche vaccinale de la poliomyélite a été détectée dans plusieurs échantillons d’eaux usées dans le comté de Rockland et au sein des communautés environnantes, ce qui indique une propagation locale non détectée. Les autorités de la santé publique ont incité les professionnels de la santé à la plus grande prudence en présence de symptômes de faiblesse des membres, et ont lancé de nouvelles campagnes de vaccination antipoliomyélitique pour accroître la couverture vaccinale. L’Agence compte envoyer les échantillons aux Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) pour obtenir une confirmation supplémentaire.

Malgré l’absence de nouveaux cas de poliomyélite, la détection persistante de la poliomyélite d’origine vaccinale dans les eaux usées à New York indique une propagation continue au sein de la communauté. Cette maladie ne pose pas de risques pour les personnes vaccinées, mais on conseille vivement aux personnes non vaccinées de recevoir un vaccin antipoliomyélitique. Le vaccin contenant le VPI est recommandé dans les cas suivants : pour la vaccination systématique des nourrissons et des enfants, pour la vaccination des enfants qui n’ont pas pu être vaccinés contre la poliomyélite conformément au calendrier de vaccination systématique, pour la vaccination des adultes non immunisés, et comme dose de rappel pour les adultes qui ont déjà reçu le vaccin antipoliomyélitique et qui présentent un risque accru d’exposition au poliovirus. Des conseils pour les professionnels de la santé sont disponibles dans le Guide canadien d’immunisation.


L’article original de Heather D. Marshall, Ph. D., responsable du contenu en matière de santé publique chez DynaMed, a été publié sur la plateforme EBSCO Health Notes.

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