Association médicale canadienne

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Le virus respiratoire syncytial (VRS) est l’une des principales causes d’infection respiratoire, surtout chez les nourrissons et les enfants. Depuis le début de la saison du rhume et de la grippe, les cas de VRS et d’hospitalisations augmentent non seulement plus tôt que d’habitude, mais à des taux supérieurs aux pics observés avant la pandémie de COVID-19. Voici les réponses de DynaMed à dix questions courantes sur le VRS :

1. Le VRS touche-t-il seulement les enfants?

Presque toutes les personnes contractent leur première infection par le VRS lorsqu’elles ont moins de deux ans. Cela dit, une personne peut être réinfectée plusieurs fois durant sa vie, même à l’âge adulte. On ne connaît pas les taux d’incidence réels d’infections, car peu de tests de dépistage sont effectués.

2. Quelle est l’évolution clinique d’une infection par le VRS?

Au départ, une infection par le VRS est caractérisée par des symptômes liés aux voies respiratoires supérieures (p. ex., congestion, rhinorrhée et fièvre). La maladie est habituellement bénigne et spontanément résolutive chez les enfants assez âgés et les adultes. Toutefois, si l’infection se répand aux voies respiratoires inférieures, des lésions pulmonaires inflammatoires (connues cliniquement sous le nom de « bronchiolite ») pourraient se produire et entraîner des symptômes tels qu’une toux, une tachypnée et un effort respiratoire accru avec rétractions thoraciques et respiration sifflante.

3. Quels sont les facteurs de risque de la bronchiolite?

Chez les nourrissons, les facteurs de risque de la bronchiolite comprennent l’âge de moins de 12 semaines, la prématurité, l’absence d’allaitement, l’exposition in utero à la fumée, les troubles touchant le développement cardiopulmonaire (p. ex., dysplasie bronchopulmonaire ou cardiopathie congénitale) et l’immunodéficience.

La forme grave de la maladie est peu courante chez les adultes. Toutefois, certains groupes – personnes de plus de 65 ans, personnes immunodéficientes ou personnes atteintes d’une maladie cardiopulmonaire (p. ex., MPOC) – risquent de contracter une maladie des voies respiratoires inférieures en raison d’une infection par le VRS.

4. Quelle est la cause de la détresse respiratoire associée à la bronchiolite à VRS?

L’une des caractéristiques de la bronchiolite à VRS est l’œdème sous-muqueux et l’enflure, qui entraînent la production de mucus et l’obstruction des voies respiratoires. Puisqu’une forte réponse inflammatoire est liée à la gravité, on suppose que le système immunitaire chez les nourrissons pourrait passer d’une réponse antivirale protectrice de type 1 à une réponse de type 2 et entraîner ainsi une production élevée de mucine. Vu que les mucines – glycoprotéines produites par les cellules épithéliales – forment des gels qui permettent la lubrification et la formation de barrières, un excès de mucus dans les voies respiratoires des poumons sous-développés des nourrissons cause la détresse respiratoire associée à la bronchiolite à VRS.

5. Comment le VRS se différencie-t-il des autres virus respiratoires?

Le seul moyen sûr de différencier le VRS des autres virus respiratoires est le dépistage viral. Pour l’effectuer, on procède soit à un test d’amplification en chaîne par polymérase (ACP), qui permet de détecter du matériel génétique, soit à un test antigénique rapide. Le dépistage viral est souvent réalisé dans le cadre d’un essai multiplex qui vérifie la présence de plusieurs virus (p. ex., VRS, virus de la grippe et SRAS-CoV-2) à partir d’un seul échantillon.

Avant la pandémie de COVID-19, le dépistage viral n’était pas effectué systématiquement chez les personnes atteintes d’infections respiratoires, même chez celles souffrant de bronchiolite, puisqu’un résultat de confirmation ne changeait pas le plan de prise en charge. Depuis la pandémie, la plupart des personnes hospitalisées sont soumises systématiquement à un test de dépistage des trois virus, l’objectif étant de connaître les options thérapeutiques, de déterminer les exigences d’isolement qui s’appliquent, et de prédire l’évolution clinique, qui diffère d’un virus à l’autre.

6. Comment la bronchiolite à VRS est-elle prise en charge?

Les soins de soutien sont au cœur du traitement contre la bronchiolite à VRS; ils comprennent la réhydratation, l’oxygénothérapie et les traitements antipyrétiques, au besoin. Les bronchodilatateurs (p. ex., adrénaline nébulisée) et les corticostéroïdes ne sont PAS recommandés systématiquement, puisqu’il existe peu de données probantes sur leur efficacité. Les corticostéroïdes par inhalation peuvent être utilisés dans certaines situations, notamment pour maîtriser l’asthme. Les traitements bronchodilatateurs peuvent être bénéfiques aux adultes atteints d’une MPOC et d’une infection par le VRS. Les données probantes sont insuffisantes pour appuyer l’utilisation d’antiviraux comme la ribavirine.

7. Pourquoi peut-on contracter plusieurs fois une infection par le VRS?

Une personne peut être infectée par le VRS plusieurs fois au cours de sa vie, car la réponse immunitaire à cette infection n’assure pas une protection complète. En effet, bien qu’il existe diverses souches de VRS en circulation, il est possible d’être réinfecté par la même souche. L’immunité partielle acquise en raison d’une infection antérieure ne peut donc pas prévenir totalement une maladie causée par le VRS, mais elle réduit probablement le risque de maladie grave chez les enfants assez âgés, les adolescents et adolescentes et les adultes.

8. Il n’y a pas de vaccin homologué contre le VRS. Y a-t-il néanmoins des progrès qui ont été réalisés sur le plan de la prévention?

On a tenté à plusieurs reprises, mais sans succès, de mettre au point un vaccin pour prévenir les infections par le VRS. Bien que certains vaccins anti-VRS fassent actuellement l’objet d’essais cliniques, aucun n’a encore été homologué. Trois principales stratégies de prévention sont en train d’être évaluées : les vaccins protéiques pour les personnes enceintes (conçus pour conférer une immunité passive aux nouveau-nés), la prophylaxie au moyen d’anticorps monoclonaux pour les nouveau-nés, et les vaccins vivants atténués pour les nourrissons.

Pfizer a développé un vaccin à base de protéine F stabilisée en conformation préfusion à administrer à des personnes enceintes. Selon un communiqué de presse de l’entreprise, le vaccin a réduit les infections par le VRS chez des bébés dans les 90 premiers jours de leur vie. Quelques autres vaccins anti-VRS font l’objet d’essais de phase III, et des options en matière de vaccination maternelle devraient être offertes bientôt.

Quant aux anticorps monoclonaux, le palivizumab en est un qui cible la glycoprotéine de surface F du VRS. Une revue Cochrane de cinq essais randomisés a montré que le palivizumab avait fait réduire les taux d’hospitalisations pour cause d’infections par le VRS chez les nourrissons et les enfants de moins de deux ans. Son utilisation est recommandée pour les nourrissons présentant un risque élevé de bronchiolite. Le nirsevimab, un anticorps monoclonal plus récent, s’est aussi avéré efficace chez les prématurés en santé dans le cadre d’un essai randomisé.

9. Y a-t-il d’autres façons de prévenir les infections par le VRS?

Grâce aux mesures prises par les autorités de santé publique durant la pandémie de COVID-19, le taux d’infections par le VRS a diminué considérablement lors de la saison du rhume et de la grippe de 2020-2021. Si certaines mesures, dont la fermeture des écoles, ne sauraient être considérées comme des solutions à long terme ni même saisonnières, le port du masque et l’amélioration de la ventilation peuvent aider à réduire l’incidence de nombreuses infections respiratoires par des virus comme le VRS.

10. Pourquoi les cas d’infections par le VRS sont-ils si nombreux chez les enfants cette année?

Plusieurs théories expliquent pourquoi, en 2022, les unités de soins intensifs pédiatriques sont submergées de nourrissons et d’enfants infectés par le VRS. Selon une hypothèse controversée appelée « dette immunitaire », le recul des infections par le VRS en 2020-2021 (attribuable aux mesures de précaution prises durant la pandémie de COVID-19) a peut-être conduit à une plus grande vulnérabilité de la population. 

Il est plus probable que cette hausse de cas en 2022 soit due à une combinaison de facteurs, y compris l’augmentation considérable des tests systématiques, l’assouplissement des mesures de confinement liées à la pandémie, et possiblement les effets immunologiques de la COVID (même chez les enfants atteints d’une forme légère de la maladie). Tous ces facteurs contribueraient à une incidence plus élevée des infections par le VRS cette saison, et peut-être à une gravité plus importante.


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Consulter le résumé de DynaMed – Respiratory Syncytial Virus (RSV) Infection in Infants and Children.

L’article original a été publié sur la plateforme EBSCO Health Notes. Rédigé par : Heather D. Marshall, Ph. D., responsable du contenu en matière de santé publique chez DynaMed.

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