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Association médicale canadienne
D<sup>r</sup> Matt Kutcher

« Notre travail n’est pas toujours de guérir ni de toujours essayer de soigner la maladie. C’est souvent d’offrir du soutien et du réconfort, et d’aider à soulager la souffrance; l’aide médicale à mourir vous permet de faire cela ».


« Selon moi, l’aide médicale à mourir ne devrait plus être une chose dont nous parlons en catimini ou que nous cachons. Je pense que plus nous en parlons et plus nous la normalisons, mieux ce sera. »

Le Dr Matt Kutcher n’a pas toujours été de cet avis, du moins pas en public. Lorsqu’il est devenu le premier médecin de l’Île-du-Prince-Édouard à offrir l’aide médicale à mourir en mai 2017, c’était aussi une première expérience pour lui. Et lorsque les proches du patient ont parlé de leur expérience dans les médias, le Dr Kutcher est demeuré discret. 

« Le plus dur, c’est que c’était une première pour moi aussi. J’étais médecin depuis relativement peu de temps, avec un nouvel emploi dans une nouvelle province, qui allait de l’avant dans un domaine controversé, dans une province connue pour ses valeurs traditionnelles », se souvient-il.

En dépit de ces pressions, le Dr Kutcher a jugé qu’il prenait la bonne décision en répondant aux désirs de son patient. Paul Couvrette, âgé de 72 ans, souffrait d’un cancer de stade avancé, et sa femme et lui avaient convenu qu’il ne serait pas question de traitements prolongés. Paul voulait mourir dans les conditions qu’il choisirait et lorsqu’il serait prêt.

« J’essaie simplement de normaliser l’aide médicale à mourir pour qu’on la voie comme l’un des nombreux éléments des soins palliatifs que nous offrons. »

Après le décès de M. Couvrette et à l’insistance de sa famille, le Dr Kutcher a graduellement commencé à parler de son expérience avec ses collègues médecins de Summerside, où il a un cabinet de médecine familiale. Il a parlé au personnel de l’hôpital du comté de Prince et a tenu des séances de formation pour les résidents en médecine familiale. 

Il leur a entre autres dit que les patients ont droit à l’aide médicale à mourir en vertu de la loi, qu’il peut s’agir d’un acte de compassion de la part des médecins et que, selon lui, l’aide médicale à mourir est un élément d’un éventail plus vaste de soins de fin de vie.

« J’essaie simplement de normaliser l’aide médicale à mourir pour qu’on la voie comme l’un des nombreux éléments des soins palliatifs que nous offrons. »

Le Dr Kutcher a constaté que le nombre de demandes d’aide médicale à mourir a augmenté dans la province avec la sensibilisation, au point où il lui est devenu de plus en plus difficile de répondre aux besoins des patients. Par exemple, à l’été 2018, il a fourni de l’aide médicale à mourir à trois personnes en une semaine, un nombre « sans précédent ».

Afin de répondre à la demande croissante, le Dr Kutcher a commencé à former et à encadrer d’autres médecins. Il les aide à s’y retrouver dans les évaluations des patients, les questions juridiques et ce qu’il appelle la « paperasserie interminable ». Avec la permission du patient, il invite les médecins à observer ses procédures d’aide à mourir et il accepte d’assister aux séances de ses collègues jusqu’à ce qu’ils soient à l’aise d’offrir le service eux-mêmes.

« Il s’agit d’aider les autres médecins qui songent à offrir l’aide médicale à mourir à acquérir l’assurance et les compétences nécessaires pour le faire de façon autonome », explique le Dr Kutcher. 

Les ressources supplémentaires l’aideront aussi à éviter l’épuisement professionnel.

« Ça prend beaucoup d’énergie – c’est très émotif et émotionnellement taxant, alors je ne veux pas m’épuiser en en faisant trop ».

Le Dr Kutcher considère que la plupart de ses cas d’aide médicale à mourir ont été des expériences positives : les patients ont choisi le moment et le lieu de leur décès et se sont entourés d’êtres chers. Il dit qu’un de ses patients a même choisi d’avoir ses petits-enfants en bas âge dans la salle.

Il est toujours renversé par l’élan d’amour et de gratitude des membres de la famille. Il a récemment été invité à bord d’un bateau de pêche pour participer à la dispersion des cendres d’un de ses patients au large de l’Île-du-Prince-Édouard.

Le Dr Kutcher n’a plus peur de parler d’aide médicale à mourir aux patients qui cherchent à obtenir des soins palliatifs, aux médecins et aux résidents qui veulent l’offrir, et à tout autre médecin prêt à l’écouter. 

« Notre travail n’est pas toujours de guérir ni de toujours essayer de soigner la maladie. C’est souvent d’offrir du soutien et du réconfort, et d’aider à soulager la souffrance; l’aide médicale à mourir vous permet de faire cela ».



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Au cours de sa troisième année d’études de médecine, alors qu'il effectuait un stage clinique à l’Hôpital Sunnybrook, Ben Fung a perdu un patient. Ce n’était pas la première fois; d’autres de ses patients étaient décédés subitement ou des suites d’un trauma auparavant, mais ce décès l’a touché droit au cœur.

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« Pourquoi avoir fait toutes ces années d’études pour devenir médecin si, en fin de compte, les diagnostics que je pose sont peu utiles, les patients n’étant pas en mesure de payer leur traitement? » Cette question, le Dr Nav Persaud se l’est trop souvent posée.

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L’hyperthermie maligne est une réaction rare et mortelle à l’anesthésie qui provoque une accélération de la fréquence cardiaque, une fièvre dangereusement élevée et de graves spasmes musculaires. Le dantrolène est le seul médicament qui puisse la traiter. Ainsi, lorsque les Services de santé de l’Alberta ont émis un avertissement en mai indiquant qu’il serait impossible d’avoir du dantrolène avant la fin du mois d’août, la question des pénuries de médicaments est devenue préoccupante pour le Dr Douglas DuVal.

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