Association médicale canadienne

Dundas (Ont.); Université de Saïgon (Vietnam du Sud), 1963; obstétrique et gynécologie. Décédée le 30 septembre 2021 à l’âge de 86 ans. Elle laisse dans le deuil un fils. « Après avoir vu, à l’âge de 5 ans, son grand-père médecin améliorer instantanément l’état d’un garçon malade après avoir débridé l’abcès dont il souffrait, elle n’a jamais renoncé à l’idée de devenir médecin elle-même. Ce désir a plus tard été exacerbé par son profond sens de la spiritualité attribuable aux enseignements bouddhistes du Mahāyāna qu’elle a reçus. En 1963, première de sa classe, elle a obtenu son diplôme de médecine de l’Université de Saïgon, où elle a rencontré feu mon père durant la soutenance de sa thèse en chirurgie et la période d’examens oraux. Ma mère était l’une des deux seules femmes de son programme de résidence en chirurgie générale, majoritairement composée d’hommes (à l’époque), à l’Hôpital Cho Ray de Saïgon. En 1969, après avoir immigré à Windsor (Ontario) lors d’une pénurie de médecins, elle a dû recommencer son stage à l’Hôpital Metropolitan de Windsor, avant d’effectuer une résidence en obstétrique et gynécologie à l’Université McMaster en 1977. À son cabinet du 53, rue Augusta à Hamilton, les consultations se déroulaient très rarement rapidement, comme pourraient en témoigner ses adjointes administratives et les personnes qui se trouvaient dans la salle d’attente. Elle prenait le temps d’écouter calmement et attentivement la personne qui se trouvait devant elle. Toutes ses patientes bénéficiaient de son attention totale et elle faisait tout en son pouvoir pour leur offrir des soins empreints de compassion et des instructions détaillées, en plus de prendre le temps de discuter de leurs préoccupations. La raison d’être de ma mère, ce qu’elle appelait sa mission et ce qui la rendait heureuse, était d’aider (assistée de mon père) les femmes à donner la vie, de procéder à l’inversion de la ligature des trompes et de soulager la souffrance grâce à ses soins gynécologiques. Les dernières années de sa vie, elle n’a jamais cessé de vouloir apprendre; elle participait à des séminaires de méditation et à des séances scientifiques en obstétrique et gynécologie à l’Université McMaster, ainsi qu’à de nombreuses conférences de formation médicale continue, tout en continuant d’exercer la gynécologie. Sa carrière médicale au sein de notre communauté diversifiée s’est étalée sur 57 ans, et il arrivait qu’elle voie deux ou trois générations de la même famille lors d’une même consultation. Elle a également offert, de manière tout à fait sécuritaire, des soins gynécologiques en personne tout au long de la pandémie, jusqu’à la mi-octobre 2020. »

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