Association médicale canadienne

L’utilisation des cigarettes électroniques étant à la hausse chez les adolescents et l’Agence de la santé publique du Canada signalant un « nombre alarmant de jeunes qui utilisent des produits de vapotage au Canada », l’Association médicale canadienne demande que de nouvelles restrictions sur la publicité liée au vapotage soient mises en place.

Dans son récent mémoire présenté à Santé Canada, l’AMC a demandé au gouvernement de resserrer ses règles et d’interdire la publicité des produits de vapotage dans les lieux publics et dans les médias audiovisuels. 

« Nous devons éviter les erreurs du passé en matière de réglementation du tabac et resserrer les règles sur les cigarettes électroniques dès maintenant. » - Dre Gigi Osler, présidente de l’AMC

Des éléments de preuve fournis par les agences de santé publique des États-Unis et du Canada montrent une nette augmentation du nombre de jeunes qui utilisent des produits de vapotage.

Une récente étude américaine indique que parmi les élèves du secondaire, l’utilisation de la cigarette électronique a augmenté de 78 % (de 11,7 % à 20,8 %) de 2017 à 2018. Bien que les données canadiennes soient toujours incomplètes, les services de santé de la région de Durham en Ontario ont indiqué que 17 % des élèves du secondaire dans cette région avaient utilisé une cigarette électronique dans la dernière année (2016-2017), et les chiffres sont similaires dans le reste de la province.

Avec des agents aromatiques comme la mangue et le mélange de fruits, et des présentoirs bien visibles dans les dépanneurs, de nombreux adolescents voient le vapotage comme une habitude inoffensive. Des versions haute technologie des cigarettes électroniques, comme le produit JUULMC à cartouches, utilisent des « sels » de nicotine pour fournir de plus fortes concentrations du produit tout en diminuant l’amertume. 

Pourtant, les effets à long terme du vapotage sur la santé ne sont pas bien connus.

En avril, la Food and Drug Administration des États-Unis a affirmé qu’au moins 35 personnes avaient signalé avoir eu des convulsions après avoir utilisé une cigarette électronique au cours des dix dernières années. Par ailleurs, de nombreux produits chimiques ont été répertoriés dans les liquides contenus dans les cigarettes électroniques et l’aérosol produit par celles-ci, et des chercheurs au Canada et aux États-Unis ont indiqué que « tout porte à croire » que les cigarettes électroniques peuvent mener au tabagisme chez les jeunes.

Compte tenu de ces facteurs, l’AMC demande également que des étiquettes de mise en garde semblables à celles qu’on retrouve sur les produits du tabac soient apposées sur tous les produits de vapotage.

Les médecins du Canada constatent tous les jours les effets dévastateurs du tabac chez leurs patients. Depuis la diffusion de sa première mise en garde publique sur les dangers du tabac en 1954, l’AMC défend ardemment la mise en place de mesures strictes pour en contrôler l’usage. Tandis que Santé Canada poursuit son examen des règlements qui régissent les cigarettes électroniques, l’AMC continuera de veiller à ce que l’opinion des médecins et les questions de santé publique soient prises en compte.


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