Association médicale canadienne

La médecine doit offrir aux Canadiens une expérience en ligne comparable à celles des autres secteurs, selon un récent sondage mené par Ipsos, dont les résultats sont présentés dans L’avenir de la connectivité dans les soins de santé, le nouveau rapport de l’Association médicale canadienne (AMC).

Qu’on parle de suivi en ligne des rendez-vous (79 %), d’accès aux antécédents médicaux complets et de leur communication (77 %) ou même de prise de rendez-vous par un système robotisé (72 %), les Canadiens croient qu’il est probable que le système de santé offre ces avancées d’ici dix ans.

Et ils sont également prêts à transmettre leurs données : près de la moitié (44 %) des Canadiens interrogés cet été affirment qu’ils seraient prêts à verser leurs données sur la santé dans un programme comme Alexa, Siri ou Fitbit, qui ferait le suivi de leur santé et signalerait tout problème à un professionnel de la santé.

Toutefois, la réglementation en matière de santé, l’octroi des permis d’exercer et les modèles de financement doivent s’adapter à ce virage technologique.

« Il faut que tout le monde, y compris les différents ordres de gouvernement, aide notre système de santé épuisé à surmonter les difficultés, qu’on pense au financement, aux règlements ou aux politiques. » – Dre Gigi Osler, présidente de l’AMC et coprésidente du Groupe de travail sur les soins virtuels

Le Dr Serge Melanson, urgentologue d’expérience à Moncton et président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, a pu constater par lui-même les bienfaits d’une présence accrue de la technologie dans le secteur de la santé.

À l’Hôpital de Moncton, il a vu de nombreux patients ayant un problème de santé de faible gravité (toux, mal de gorge, mal de dos) se présenter à l’urgence, où ils se sont heurtés à un long temps d’attente.

En tant que médecin-chef, il a participé à la mise en œuvre d’un programme visant à rediriger ces patients en leur offrant un rendez-vous le jour même auprès de leur médecin de famille ou dans une clinique ouverte après les heures normales. Cette initiative a eu du succès, mais le processus était chronophage, puisqu’une infirmière de triage devait téléphoner dans différents cabinets pour trouver une place disponible. C’est à ce moment que le Dr Melanson s’est tourné vers la technologie.

« Il faut savoir repérer les plateformes technologiques révolutionnaires et les intégrer au système de santé afin de le soutenir et de favoriser l’innovation », explique-t-il.

L’Hôpital de Moncton met actuellement sur pied un projet pilote prévoyant l’installation d’un nouveau système logiciel sur les ordinateurs de l’hôpital et des cliniques participantes. Ce système permettra aux infirmières de trouver les patients à rediriger, de prendre un rendez-vous en leur nom et d’envoyer des messages aux cliniques, le tout en moins d’une minute.

Le Dr Melanson raconte qu’un hôpital de Montréal utilisant ce même logiciel a réussi à rediriger environ 10 % des patients de l’urgence, ce qui représenterait plus de 5 000 patients par année à l’Hôpital de Moncton.

« Je sais par expérience que les médecins et les patients sont prêts pour cette transition. Il suffit de pouvoir déployer ces technologies à grande échelle et de les intégrer de manière appropriée. » – Dr Serge Melanson, urgentologue et président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick

Par ailleurs, le rapport faisait aussi état d’un appui généralisé pour les soins virtuels : environ deux tiers des Canadiens souhaiteraient consulter des fournisseurs de soins de santé au moyen d’une plateforme virtuelle. Bien que l’intérêt soit plus grand chez les jeunes, près de 6 personnes de 55 ans et plus sur 10 sont aussi très intéressées.

L’avenir de la connectivité dans les soins de santé paraît à l’approche du Sommet de l’AMC sur la santé 2019, qui aura lieu à Toronto. Plusieurs des conclusions du rapport sur la nécessité des avancées technologiques dans le domaine de la santé feront l’objet de discussions pendant l’événement, notamment lors de séances sur les avantages des soins virtuels, sur l’utilisation de la technologie pour renforcer les liens dans le domaine de la santé et sur ce que les progrès technologiques en matière d’intelligence artificielle, de mégadonnées et de connectivité peuvent apporter au milieu médical.

Plus de 900 médecins, apprenants en médecine, patients et décideurs politiques de partout au pays sont attendus au sommet.

 


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