Association médicale canadienne

L’AMC FAIT LE POINT SUR…

Au Canada, on ne peut exercer la médecine que dans la province ou le territoire où on est autorisé à le faire. Sauf dans de rares cas, pour exercer dans une autre province ou un autre territoire, il faut faire une demande, ce qui peut prendre plusieurs mois et coûter des milliers de dollars.

La mise en place d’un permis d’exercice national unique s’accompagnerait de nombreux avantages.

Tout d’abord, si les médecins avaient plus de mobilité, il y aurait moins de pression sur les épaules des travailleurs et travailleuses de la santé qui desservent les communautés rurales et éloignées. Ensuite, on pourrait coordonner plus efficacement la prestation des soins de santé, notamment lors de crises comme la pandémie de COVID-19. Enfin, les médecins pourraient offrir des soins virtuels au-delà de leur province ou territoire, ce qui assurerait une meilleure continuité des soins et un accès plus rapide à ceux-ci.

La mobilité favoriserait aussi l’équilibre travail-vie personnelle des médecins – un besoin urgent –, ainsi que leur santé et leur bien-être, en améliorant potentiellement le taux de maintien en poste, et en permettant aux médecins et aux hôpitaux de trouver plus facilement des médecins suppléants pour les vacances, les congés parentaux et les congés d’études.

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« Pas étonnant qu’il y ait autant d’épuisement professionnel chez les médecins. Difficile de concilier vie professionnelle et vie personnelle si, quand on annule un rendez-vous, on a l’impression d’abandonner un patient ou de surcharger un collègue déjà bien occupé en le forçant à travailler. Dans ce contexte, on a tendance à reporter (pour la énième fois) ses vacances ou à se présenter au travail même malade et fatigué. »
Dr Jordan Vollrath, médecin de famille en Alberta

 

L’AMC demande aux gouvernements d’instaurer un permis d’exercice pancanadien, une première étape importante vers l’amélioration des soins de santé – pour les patients, le système et les médecins. Elle continue de promouvoir cette idée auprès des responsables de la santé, par exemple le 16 juin dernier, lorsque les présidents de l’AMC ont rencontré des médecins parlementaires.

À ce sujet, l’AMC prévoit également d’autres activités de sensibilisation et de mobilisation auprès des communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis, des associations médicales provinciales et territoriales, ainsi que des populations rurales, éloignées et mal desservies.

Quelle est l’ampleur du problème de l’accès aux soins?

4,6 millions de Canadiens et Canadiennes n’ont pas accès à des soins primaires

Dans ce cas, les patients doivent se tourner vers les cliniques sans rendez-vous et les services d’urgence. L’augmentation des temps d’attente et la surcharge des services d’urgence qui en résultent se répercutent sur les autres composantes du système de santé.

Dans les communautés rurales ou éloignées, seulement 8 % des professionnels de la santé desservent 18 % de la population canadienne

En raison de la pénurie de personnel, certaines communautés, comme Hay River, dans les Territoires du Nord-Ouest, n’ont d’autre choix que de fermer régulièrement les services d’urgence pendant une période indéterminée.

Les médecins n’ont jamais été autant sous pression : 53 % d’entre eux disent vivre un niveau élevé d’épuisement professionnel

C’est en grande partie attribuable à la rigidité du système, et plus particulièrement au modèle actuel d’octroi de permis d’exercice et aux obstacles qui en découlent, empêchant les médecins suppléants de contribuer à l’équilibre travail-vie personnelle chez les médecins.


En quoi un permis d’exercice pancanadien serait-il avantageux?

Situation actuelle

Dans de nombreuses communautés nordiques et éloignées, pour avoir accès à des soins courants et à des soins spécialisés, les patients doivent parfois prendre l’avion pour aller dans de grands centres urbains, ce qui entraîne des coûts énormes pour eux, leurs familles et le système de santé.

Certains services médicaux peuvent s’avérer inaccessibles même dans les communautés qui ne sont pas éloignées, obligeant les patients à s’absenter de leur travail, à payer des frais de déplacement et de garde d’enfants et à quitter leur réseau de soutien communautaire pour se faire soigner.

Avec un permis d’exercice pancanadien

Les médecins pourraient fournir virtuellement de nombreux services, ce qui réduirait la fréquence et la durée des déplacements en avion et permettrait de soigner les patients qui ne sont pas en état de voyager.

Situation actuelle

Dans la plupart des provinces et des territoires, il y a une pénurie de médecins pouvant faire de la suppléance. Dans ce contexte, il est difficile pour les médecins d’offrir un niveau de soins adéquat aux patients. Cela nuit également à l’équilibre travail-vie personnelle, une situation affectant de manière disproportionnée les femmes médecins, qui peuvent être incapables de trouver un médecin suppléant lorsqu’elles prennent un congé parental.

Avec un permis d’exercice pancanadien

La création d’un bassin national de médecins suppléants permettrait d’améliorer la continuité et la qualité des soins, de donner la possibilité aux nouveaux médecins d’acquérir une précieuse expérience professionnelle et de rendre la pratique plus flexible, ce qui réduirait le stress au travail.

Situation actuelle

Les restrictions en matière d’autorisation d’exercer rendent également difficiles les déplacements transfrontaliers pour les patients. Après trois mois dans une nouvelle province ou un nouveau territoire, ils n’ont plus droit aux soins de leur ancien médecin, même virtuellement. De nombreux patients doivent ainsi se résoudre à s’inscrire sur de longues listes d’attente pour avoir accès aux fournisseurs de soins de santé locaux, et il leur faut parfois des années pour trouver un médecin – si tant est qu’il y en ait un de disponible.

Avec un permis d’exercice pancanadien

Le permis d’exercice pancanadien aiderait à combler les lacunes en matière de services de soins primaires pour les Canadiens et Canadiennes qui se déplacent d’une province ou d’un territoire à l’autre, assurant ainsi la continuité des soins.


« Je suis résidente de l’Île-du-Prince-Édouard, et pour recevoir des soins intensifs et des soins spécialisés en cardiologie, il faut se rendre à Halifax ou à Saint John – six heures aller-retour dans les deux cas. Il faut donc s’absenter du travail et payer des frais de transport, d’hébergement et de garde d’enfants, sans compter les coûts associés aux visites de la famille. J’espère qu’un jour les spécialistes auront la possibilité de servir les patients d’autres provinces grâce aux soins virtuels. »
– Angie MacCaull, patiente, Summerside (Î.-P.-É.)


Il y a une volonté

En 2019, plus de 6 700 médecins ont participé à l’Enquête de l’AMC auprès de l’effectif médical. Plus de 90 % d’entre eux ont appuyé la mise en place d’un système de permis d’exercice national qui les autoriserait à pratiquer la médecine dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada – et plus de 70 % ont déclaré que cela améliorerait l’accès aux soins pour les patients.

De plus…

45 % feraient de la suppléance.

39 % fourniraient des soins virtuels à des patients d’autres provinces ou territoires.

30 % exerceraient régulièrement dans plusieurs provinces ou territoires à la fois.

42 % exerceraient temporairement dans des régions rurales ou éloignées d’autres provinces ou territoires.


Il existe un moyen

En 2010, l’Australie a adopté un système d’octroi de permis d’exercice valide à l’échelle nationale pour un large éventail de professionnels de la santé. Chaque profession dispose d’un conseil national qui réglemente et enregistre les professionnels, et établit normes, codes et lignes directrices. Cette approche assure la standardisation des compétences médicales de haut niveau et la qualité des soins, tout en permettant aux professionnels de la santé de travailler plus facilement dans les différents États et territoires – en personne et virtuellement. Depuis le déploiement du permis d’exercice national, on s’entend pour dire que le nouveau système fonctionne bien et qu’il a contribué à accroître considérablement la mobilité du personnel, la sécurité des patients et la qualité des données servant à la planification des effectifs.


En contexte de crise des effectifs de santé, pourquoi l’AMC fait-elle du permis d’exercice pancanadien une grande priorité?

L’AMC réclame cette solution comme une réponse partielle à la crise des effectifs de la santé.

L’AMC continue de demander aux gouvernements d’envisager le permis d’exercice pancanadien comme un pas dans la bonne direction pour diminuer les temps d’attente excessifs, favoriser les soins virtuels transfrontaliers et contrer la pénurie généralisée de médecins de famille, mais aussi faciliter la suppléance dans le but de soutenir la santé et le bien-être des médecins partout au pays.

Que puis-je faire pour aider? Si nous voulons que le permis d’exercice pancanadien se concrétise, il faut absolument avoir l’appui des médecins et du public. Ensemble, nous pouvons avoir un impact. Découvrez comment vous pouvez participer au travail de l’AMC, dès aujourd’hui.


Les citations ont été retouchées pour plus de concision et de clarté.