Association médicale canadienne

Dre Danielle Martin

Le travail des médecins de Toronto pour défendre l’assurance maladie a un impact durable

La Dre Danielle Martin a beau être trop jeune pour avoir besoin de lunettes bifocales, c’est tout de même cette analogie qu’elle utilise souvent pour décrire sa carrière médicale.

« J’adore faire la navette entre le micro et le macro. J’adore les soins aux patients et les rencontres individuelles, et j’adore aussi les grands défis politiques bien complexes. »

La Dre Martin a certainement trouvé un tel défi en 2005, lors du débat houleux controversé sur la privatisation des soins de santé au Canada; d’aucuns se demandaient si un système à deux vitesses pourrait régler les problèmes au pays. Comme elle croyait fermement que l’accès à des soins de santé durables et de grande qualité devait être universel, elle a senti qu’il était essentiel que des médecins comme elle prennent position. Avant même d’avoir terminé sa première année de pratique comme médecin de famille, la Dre Martin a créé une organisation nationale appelée Médecins canadiens pour le régime public (MCRP).

« Bon nombre d’entre nous étions des membres engagés de l’AMC qui tenaient à l’assurance maladie. Nous sentions que nous avions l’obligation de nous organiser pour défendre nos valeurs et l’intérêt des patients. »

La Dre Martin est rapidement devenue la référence en matière d’avantages des soins de santé universels. Elle a interpellé d’anciens présidents de l’AMC, et pendant de nombreuses années, a réfuté leurs arguments en faveur de la médecine privée dans des entrevues dans les journaux, à la radio et à la télévision. Ses collègues affirment que l’influence de la Dre Martin, alors présidente du conseil de MCRP, a probablement mis un frein à la création de modèles de soins à deux vitesses dans plusieurs provinces. Elle a consacré sept ans à MCRP, jusqu’à sa démission en 2013. Aujourd’hui, elle est extrêmement fière du fait que l’organisation demeure dynamique et présente dans les débats sur les politiques canadiennes en matière de santé.

À l’extérieur du Canada, elle a attiré l’attention du monde entier en 2014 lorsqu’elle a témoigné devant un comité sénatorial des États-Unis sur l’importance d’une couverture médicale universelle. En 2017, elle a joué un autre rôle de premier plan en accompagnant le sénateur américain Bernie Sanders dans l’annonce de son plan d’assurance santé universelle « Medicare for All ».

Bien qu’elle soit principalement connue pour son travail en matière de politiques publiques, la Dre Martin s’intéresse aussi à l’amélioration des organisations locales de santé. À l’Hôpital Women’s College de Toronto, où elle est vice-présidente des affaires médicales et des solutions des systèmes de santé, son équipe met en œuvre des programmes – par exemple, de chirurgies d'un jour telles que l’arthroplastie du genou et l’arthroplastie de la hanche – qui réduisent les temps d’attente et les coûts tout en améliorant les soins prodigués aux patients.

« Les politiques n’ont une importance concrète dans la vie des gens que lorsqu’elles sont appliquées à l’échelle humaine dans les organisations de santé. En tant que cliniciens, nous voulons tous voir les choses changer, et nous voulons tous mettre la main à la pâte. C’est ça que j’appelle la vision bifocale. »

La Dre Danielle Martin reçoit le Prix F.N.G.-Starr, un prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations en faveur de l’amélioration des services médicaux au Canada.