Association médicale canadienne

Bien que la vaccination contre le SRAS-CoV-2 soit recommandée pour les personnes enceintes et celles qui envisagent une grossesse, le taux de vaccination chez les personnes enceintes est de 39 % en Ontario et de moins de 25 % aux États-Unis. Des données de cohorte récentes indiquent que les vaccins à ARNm contre la COVID-19 sont sûrs pour les nouveau-nés et les nourrissons. Les nouvelles données sur les résultats en début de grossesse sont également rassurantes.

Alors que la plupart des études sur le début de grossesse s’appuient sur des données d’observation tirées de registres qui ne recensent que les fausses couches cliniques (sans tenir compte des grossesses chimiques), les données sur les personnes candidates à la FIV sont particulièrement utiles pour rendre compte des fausses couches précoces non reconnues.

Les preuves de l’innocuité des vaccins contre la COVID-19 s’accumulent

Une étude de cohorte rétrospective a comparé les résultats chez des personnes vaccinées et non vaccinées ayant subi, entre février et septembre 2021, une hyperstimulation ovarienne contrôlée ou un transfert d’embryon unique euploïde congelé-décongelé dans un centre universitaire de New York. Les données ont été extraites des dossiers médicaux. Les protocoles étaient variés, mais typiques des traitements de fertilité. Les personnes étaient considérées comme vaccinées si elles avaient reçu deux doses du vaccin contre la COVID-19 de Pfizer ou de Moderna au moins 14 jours avant de commencer à prendre les médicaments pour le cycle de FIV. Le principal indicateur pour la cohorte de personnes suivant un traitement d’hyperstimulation ovarienne était le taux de fécondation; pour la cohorte de personnes subissant un transfert d’embryon, il s’agissait du taux de grossesse clinique.

Chez les personnes ayant subi une hyperstimulation ovarienne contrôlée, les taux de fécondation étaient similaires chez les 222 personnes vaccinées et les 983 personnes non vaccinées, à 80,7 % et à 78,7 % respectivement, p = 0,39. De même, l’analyse corrigée n’a montré aucun lien significatif pour le nombre d’ovules, la collecte d’ovocytes matures ou le taux de blastulation. Les personnes vaccinées présentaient des taux plus élevés d’embryons euploïdes (48,8 %) par rapport aux personnes non vaccinées (42,5 %), p = 0,02.

Chez les personnes ayant subi un transfert d’embryon, les taux de grossesse clinique étaient comparables chez les 214 personnes vaccinées et les 733 personnes non vaccinées, à 59,5 % [52,7-66,3] et à 63,7 % [60,2-67,3] respectivement, p = 0,27. Aucun lien significatif n’a été observé dans les taux de grossesse, de grossesse en cours ou de fausse couche biochimique. Les taux de fausse couche clinique étaient de 18,0 % chez les personnes vaccinées et de 12,0 % chez les personnes non vaccinées, p = 0,08. Dans les analyses corrigées, aucun lien significatif n’a été établi entre le statut vaccinal et les chances de grossesse clinique (rapport de cotes corrigé [RCC] 0,79; IC de 95 %, 0,54-1,16) ou l’un des indicateurs secondaires, y compris les taux de fausse couche clinique (RCC 1,02; IC de 95 %, 0,51-2,06). Les analyses de sensibilité au moyen de cohortes appariées selon le score de propension ont produit des résultats non significatifs similaires et n’ont révélé aucune différence lors de la comparaison des vaccins de Pfizer et de Moderna.

Conclusion

Cette étude s’ajoute à un volume croissant de données montrant que les vaccins de Pfizer et de Moderna n’ont pas d’effets négatifs sur le potentiel génésique. Elle présente cependant un avantage notable : toutes les grossesses ont pu être suivies, ce qui permet de déceler des différences au chapitre des fausses couches en début de grossesse qui peuvent être négligées dans d’autres ensembles de données portant principalement sur des grossesses cliniques. La puissance de l’étude semble appropriée compte tenu des hypothèses et des calculs des chercheurs et chercheuses, et les analyses multiples confirment l’absence de liens significatifs. Ces données rassurantes – ainsi que les risques accrus connus de morbidité et de mortalité maternelles et fœtales associés à la COVID-19 pendant la grossesse – devraient aider les personnes enceintes ou celles qui envisagent une grossesse à mieux comprendre l’importance de se faire vacciner.

Pour en savoir plus, consultez la page thématique COVID-19 and Pregnant Patients dans DynaMed.

L’article original a été publié en anglais dans le bulletin EBM Focus. Rédigé par : 

Katharine DeGeorge, M.D., M.S., rédactrice en chef adjointe chez DynaMed et professeure agrégée de médecine familiale à l’Université de la Virginie.

Les membres de l’AMC ont accès à DynaMed, un outil clinique de référence d’une valeur annuelle de 399 $ US compris dans leurs frais d’adhésion.

Vous avez une question sur la COVID-19 ou sur un autre sujet clinique? Communiquez avec l’équipe Interrogez nos bibliothécaires et demandez une recherche documentaire.

Back to top