Association médicale canadienne

Note : Lorsque ce sondage a été mené en 2016, l’AMC utilisait le terme « marijuana ». Depuis, l’AMC a mis à jour sa terminologie : elle utilise maintenant « cannabis », afin que sa terminologie soit plus inclusive et plus conforme à celle des gouvernements fédéral et provinciaux. Toutefois, le terme « marijuana » est utilisé dans ce résumé pour refléter fidèlement les questions de sondage posées aux répondants.

Alors que le gouvernement fédéral se préparait à légaliser et à réglementer la marijuana à des fins non médicales au Canada, nous avons sondé les membres du Forum électronique pour nous assurer que la perspective des médecins se reflète dans notre travail de représentation. Nous avons invité les membres à décrire leurs préoccupations et leurs points de vue à l’égard de la distribution, de la consommation et de la réglementation de la marijuana, ainsi que le soutien dont ils auraient besoin en tant que praticiens de première ligne.

Fin du sondage :
Juillet 2016

Destinataires :
Les 4 244 membres du Forum électronique

Nombre de réponses :
788

Taux de réponse :
18,57%

Vous voulez faire part de votre point de vue? Visitez la page du Forum électronique Voix des membres de l’AMC pour savoir comment participer aux futurs sondages.

« L’AMC doit jouer un rôle de premier plan pour bien faire connaître aux médecins, aux politiciens et à la population les risques associés à la marijuana. Elle doit insister sur les données nationales de surveillance des répercussions de la consommation de marijuana sur les citoyens et la société. Nous ne devons PAS revivre la tragédie du tabagisme. »

- Un répondant du Forum électronique Voix des membres 

Ce que les membres ont dit

Régime de réglementation fédérale

À la question sur le régime de réglementation que le gouvernement fédéral devrait instaurer pour l’usage de la marijuana à des fins récréatives (non médicales), 43 % des répondants se sont dits en faveur de l’adoption d’un système unique régissant à la fois les usages à des fins récréatives et à des fins médicales. Une proportion semblable (39 %) de répondants étaient plutôt d’avis qu’il faudrait créer un système distinct pour l’usage à des fins récréatives.

« Le cadre réglementaire doit pouvoir être adapté selon les résultats des études sur les répercussions; la loi doit être plus large, et les règlements, plus précis. Il faudrait investir beaucoup d’argent dans la formation, l’information, la dénormalisation – surtout chez les jeunes – et la recherche. Plus les règlements seront clairs, mieux ils seront appliqués. Il serait utile d’instaurer des mécanismes visant à faciliter la participation des citoyens à la création de l’information requise pour appliquer ces règlements. »

Changements dans la réglementation de l’usage de la marijuana à des fins médicales

Les répondants ont proposé plusieurs changements à la réglementation de l’usage de la marijuana à des fins médicales; en voici quelques-uns :

  • Réglementer et normaliser les doses, les variétés et les teneurs en THC et en CBD.
  • Financer des projets de recherche sur les autres modes d’administration de la marijuana.
  • Augmenter le nombre de projets de recherche financés par l’État sur les bienfaits et les préjudices associés à la consommation de marijuana.
  • Donner aux médecins le choix d’autoriser ou non la consommation de marijuana.
  • Fournir aux médecins des lignes directrices concernant l’autorisation de consommer de la marijuana dans les cas qu’ils jugent nécessaires (âge minimum du patient, ressources fondées sur des données probantes).
  • Accroître la disponibilité de la marijuana pour les patients tout en la rendant moins accessible aux jeunes.
  • Permettre la souscription d’une police d’assurance couvrant l’usage de la marijuana à des fins médicales.

Distribution de la marijuana à des fins non médicales

Nous avons questionné les participants sur le modèle de distribution qu’ils préfèrent pour la marijuana à des fins récréatives. Les répondants jugeaient qu’elle devrait être distribuée :

  • par des structures existantes non liées au domaine de la santé (p. ex. magasins d’alcool ou établissements semblables) – 56 % étaient d’accord ou fortement d’accord;
  • par des comptoirs de vente autorisés dédiés (p. ex. dispensaires indépendants) – 47 % étaient d’accord ou fortement d’accord;
  • dans des structures liées au domaine de la santé (p. ex. pharmacies) – 29 % étaient d’accord ou fortement d’accord;
  • par la poste, comme la méthode actuelle employée pour la marijuana consommée à des fins médicales – 16 % étaient d’accord ou fortement d’accord.

Les répondants ne s’entendaient pas sur l’idée de laisser les gouvernements provinciaux et territoriaux décider des mécanismes de distribution appropriés (35 % étaient d’accord ou fortement d’accord; 40 %, en désaccord ou fortement en désaccord).

Les répondants ont également indiqué plusieurs facteurs à considérer dans la distribution :

  • Appuyer les modèles de distribution en formant efficacement le personnel, ainsi qu’en renseignant les consommateurs et en leur offrant du counseling.
  • Faciliter l’accès, réglementer les ventes et réaliser des inspections à l’improviste.
  • Restreindre l’accès pour les mineurs et les autres populations vulnérables.
  • Traiter la distribution de la marijuana à des fins récréatives un peu comme on le fait pour l’alcool. 
  • Mettre en place un contrôle des prix par les gouvernements et des taxes pour les dispensaires autorisés.

Culture de marijuana à des fins non médicales par des particuliers

Environ 40 % des répondants étaient d’accord ou fortement d’accord de permettre aux Canadiens de cultiver leurs propres plants de marijuana.

Ils ont affirmé qu’il faudrait :  

  • Autoriser la culture à des fins personnelles, mais pas à des fins commerciales.
  • Autoriser la culture de petites quantités seulement à domicile.
  • Établir certains paramètres en fonction des codes du bâtiment et des protocoles de gestion des risques.
  • Veiller à ce que les mineurs – en particulier les jeunes enfants – et les animaux de compagnie n’aient pas accès aux plants de marijuana cultivés à domicile.
  • Améliorer les contrôles et la réglementation des produits et des pesticides.

Endroits où consommer de la marijuana à des fins non médicales

Nous avons demandé aux participants où la consommation à des fins récréatives devrait être permise. Près de 80 % d’entre eux ont répondu qu’ils préféreraient que la drogue soit consommée à domicile, et seulement 36 % étaient en faveur de la consommation dans des endroits publics désignés.

Des préoccupations quant à la fumée secondaire dans les endroits publics ouverts et à l’exposition des mineurs à la fumée de la marijuana sont des thèmes qui sont revenus très fréquemment dans les commentaires des répondants sur les endroits où consommer. 

Les avis quant à l’idée d’autoriser la consommation de marijuana aux endroits où l’on permet l’usage du tabac étaient partagés : 43,0 % des répondants y étaient favorables, et 43,2 %, défavorables.

Âge minimum pour acheter et posséder de la marijuana à des fins non médicales

Nous avons demandé aux membres quel devrait être l’âge minimum requis pour acheter et posséder de la marijuana à des fins récréatives; 25 % des répondants ont recommandé qu’il soit fixé à 21 ans.

age minimum recommendé par les membrespor l'achat et la possession de marijuana

Voici les réponses les plus fréquentes des répondants lorsque nous leur avons demandé d’expliquer leur raisonnement : 

  • Le risque psychotique est moindre. 
  • Les effets indésirables sur le cerveau en développement de l’adolescent.
  • La vision de la société selon laquelle à cet âge, la personne est mature et peut assumer la responsabilité de ses gestes.
  • L’achat et la possession de marijuana permis au même âge que la consommation d’alcool et de tabac.
  • L’âge de la majorité (selon la province ou le territoire du répondant).

Réglementation de la teneur en THC de la marijuana utilisée à des fins non médicales

Dans une proportion de 72 %, les personnes interrogées ont répondu être d’accord ou fortement d’accord avec l’idée que le gouvernement fédéral réglemente la teneur en THC de la marijuana utilisée à des fins récréatives.

Interactions avec les patients et ressources à leur intention

De tous les répondants exerçant en milieu clinique, 60 % ont indiqué qu’ils demandaient toujours ou souvent à leurs patients s’ils consomment de la marijuana à des fins récréatives.

De ces mêmes répondants, 47 % estimaient détenir suffisamment de connaissances pour conseiller adéquatement leurs patients quant aux risques associés à ce type de consommation. En revanche, 40 % des répondants ont dit manquer d’information à ce sujet.

Nous leur avons demandé quels autres outils pourraient les aider à avoir des discussions avec les patients sur l’usage de la marijuana à des fins récréatives. Voici les réponses obtenues :

  • Renseignements à jour sur les recherches portant sur les préjudices associés à la marijuana – 87 %.
  • Directives pour conseiller les patients sur la consommation de marijuana et la conduite de véhicule ou l’utilisation d’équipement dangereux – 80 %.
  • Accès à des données portant sur la surveillance des dangers associés à l’utilisation de marijuana (p. ex. cas d’admission à l’urgence, décès, hospitalisations) – 72 %.
  • Directives cliniques sur le dépistage et le suivi des utilisateurs chroniques de marijuana – 71 %.

Parmi les répondants, 18 % ont dit avoir autorisé la consommation de marijuana à des fins médicales au moins une fois au cours de la dernière année.

« Selon moi, la marijuana se taillera une place dans la société au même titre que l’alcool et les médicaments d’ordonnance. Elle comporte des risques et des avantages, qui devront être évalués au cas par cas. Ni l’interdiction absolue ni la légalisation totale ne sont la solution. La réalisation de nouveaux travaux de recherche contribuerait sans contredit à déterminer les applications cliniques de cette substance. »

Et maintenant?

Les résultats de ce sondage nous ont permis d’orienter notre mémoire présenté au Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation de la marijuana, dans lequel nous avons demandé au gouvernement canadien d’adopter une démarche stratégique générale axée sur la santé publique. Nous continuerons de représenter le point de vue des médecins tout au long de l’élaboration de la politique canadienne sur l’usage de marijuana à des fins non médicales.

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