Association médicale canadienne

Les médecins canadiens sont confrontés à des difficultés de plus en plus importantes liées à l’exercice de leur profession dans le système de santé moderne. En effet, le système actuel d’octroi des permis fait en sorte que les médecins sont limités dans leur capacité à pourvoir des postes de suppléance dans d’autres provinces ou territoires, à servir les populations rurales et éloignées et à fournir des soins virtuels aux patients.

L’AMC a mené un sondage sur son Forum électronique (N=3 444) en novembre 2018 visant à évaluer l’intérêt des membres en ce qui a trait à l’examen d’une approche pancanadienne à l’égard de l’octroi de permis. Le but : mieux comprendre les difficultés que doivent surmonter les médecins pour obtenir leurs permis d’exercice, le système actuel d’octroi des permis et les solutions possibles. Près de 40 % des médecins sollicités ont répondu au sondage.

Fin du sondage :
Novembre 2018

Destinataires :
Les 3 444 membres du Forum électronique

Nombre de réponses :
1 307

Taux de réponse :
38 %

Vous voulez faire part de votre point de vue? Visitez la page du Forum électronique Voix des membres de l’AMC pour savoir comment participer aux futurs sondages.

Ça fait longtemps que j’attends la mise en place d’un permis d’exercice national! Cela faciliterait grandement le recrutement de médecins suppléants et le déménagement des cabinets. Ce serait tout à fait logique. Tant d’autres pays le font déjà; je ne vois pas pourquoi ça devrait être différent au Canada.

Ce que les membres ont dit

Difficultés liées aux permis d’exercice dans plusieurs provinces et territoires

Parmi les répondants titulaires d’un permis actif d’exercice de la médecine, 10 % ont indiqué avoir deux permis d’exercice ou plus dans des provinces et territoires du Canada.

Parmi les répondants qui n’avaient qu’un seul permis d’exercice actif (90 %), plus de la moitié (53 %) avaient fait une demande de permis pour exercer la médecine dans une autre province ou un autre territoire. Voici les raisons pour lesquelles ils avaient fait cette demande :

  • Pour déménager leur cabinet (49 %)
  • Pour exercer comme médecin suppléant (32 %)
  • Pour suivre une formation ou des cours facultatifs (8 %)
  • Pour exercer dans une ville située près d’une frontière (6 %)
  • Pour fournir des soins virtuels (1 %)

Les répondants qui avaient demandé un permis d’exercice dans une autre province ou un autre territoire ont indiqué avoir rencontré des difficultés lorsqu’ils ont cherché à :

  • Exercer comme médecin suppléant (39 %)
  • Déménager leur cabinet (34 %)
  • Exercer dans une ville située près d’une frontière (21 %)
  • Fournir des soins virtuels (9 %)

Les répondants qui affirment avoir éprouvé des difficultés lorsqu’ils ont cherché à exercer dans d’autres provinces ou territoires se sont fait demander quels obstacles étaient les plus importants. Voici ceux qu’ils ont qualifiés d’assez importants ou de très importants :

  • Complexité du processus (90 %)
  • Durée du processus (84 %)
  • Coûts (79 %)
  • Vérification des titres de compétences pour les diplômés de facultés de médecine étrangères (64 %)
  • Vérification des titres de compétences pour ou par l’organisme de réglementation provincial ou territorial (60 %)

J’ai obtenu un permis d’exercice dans trois provinces : la Colombie-Britannique, l’Alberta et l’Ontario. Dans les trois cas, le processus s’est avéré lourd (de nombreux documents devaient être photocopiés et soumis, de longs formulaires devaient être remplis). Le coût était raisonnable, mais ce qui était irritant, c’était le degré de ressemblance entre les demandes. Les exigences étaient si semblables que je ne comprends pas l’utilité de remplir les mêmes documents trois fois. Les collèges pourraient trouver une façon plus efficace de mener ce processus, qui leur permettrait de mieux réglementer la profession.

- Un répondant du Forum électronique Voix des membres

Appui à l’idée d’un cadre d’exercice national

Quand ils se sont fait demander dans quelle mesure ils étaient d’accord avec diverses façons d’encadrer le permis d’exercice national :

  • 93 % des répondants étaient d’accord avec la création d’un permis d’exercice national leur permettant d’exercer dans tout le pays.
  • 92 % des répondants étaient d’accord avec le fait que leur permis d’exercice puisse être reconnu dans les autres provinces et territoires, sans exigences supplémentaires.
  • 29 % des répondants préféraient que chaque province ou territoire ait des exigences distinctes en matière de demande de permis.

Quand ils se sont fait questionner sur la variété de leurs éventuels contextes d’exercice advenant la mise en œuvre d’un système national d’octroi de permis, les médecins en exercice étaient susceptibles ou très susceptibles :

  • De rechercher des possibilités de suppléance dans d’autres provinces et territoires (48 %)
  • D’exercer temporairement dans des régions rurales ou éloignées d’autres provinces ou territoires (47 %)
  • De fournir des soins virtuels à des patients d’autres provinces ou territoires (36 %)
  • D’exercer dans plusieurs provinces ou territoires à la fois de façon continue (31 %)

Les médecins résidents ont indiqué être susceptibles ou très susceptibles :

  • De rechercher des possibilités de suppléance dans d’autres provinces et territoires (82 %)
  • D’exercer temporairement dans des régions rurales ou éloignées d’autres provinces ou territoires (74 %)
  • De fournir des soins virtuels à des patients d’autres provinces ou territoires (68 %)
  • D’exercer dans plusieurs provinces ou territoires à la fois de façon continue (58 %)

Cela s’inscrirait dans l’esprit des principes de transférabilité et d’accessibilité de la Loi canadienne sur la santé et contribuerait à atténuer la pénurie de médecins dans certaines provinces.

- Un répondant du Forum électronique Voix des membres

Je crois de plus en plus que les soins de santé devraient être régis par une norme canadienne et non relever de chacune des provinces. Il ne devrait pas y avoir de différence entre les compétences et les qualités personnelles des médecins d’une province à une autre. Les provinces doivent se montrer moins possessives envers leur système de soins de santé.

- Un répondant du Forum électronique Voix des membres

Qui a répondu

Chart showing respondent profile by language

Chart showing respondent profile by practise segment

Chart showing respondent profile by profile/territory

Et maintenant?

Ces réflexions émanant des membres aideront l’AMC à définir son approche face aux difficultés actuelles inhérentes au système d’octroi des permis et à trouver des façons de soutenir les médecins souhaitant fournir des soins dans d’autres provinces ou territoires.

Résumés d’autres sondages menés sur le Forum électronique

Voyez ce que les membres de l’AMC pensent d’autres sujets liés à la santé :