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Association médicale canadienne
D<sup>re</sup> Clare Liddy

« Le modèle d’eConsult contribuera à l’amélioration des soins de santé des aînés en leur permettant d’obtenir plus rapidement des conseils de spécialistes…Je pense que nous commençons à peine à voir comment il est possible d’améliorer les soins de longue durée. »


« J’avais des images gravées dans mon esprit, de l’hiver surtout, de personnes qui sortaient de l’ambulance enveloppées de multiples couvertures. C’est à ce moment-là que j’ai décidé d’essayer eConsult », se souvient la Dre Clare Liddy. 

En tant que médecin de famille de l’Équipe universitaire de santé familiale de L’Hôpital d’Ottawa, elle avait vécu plus d’une fois cette situation. Elle savait que les personnes âgées doivent souvent être transportées d’un foyer de soins de longue durée à un rendez-vous chez un médecin spécialiste à l'hôpital où elle exerce, et ensuite ramenées au foyer. Les aidants de ces patients prennent souvent des journées entières de congé pour les accompagner à des rendez-vous. 

« J’ai un patient à Cornwall qui avait été confié à un médecin d’Ottawa, et son fils devait faire la navette (une heure de route dans les deux sens) pour chaque rendez-vous. Comme la consultation était parfois de très courte durée, c’était très perturbateur ». 

Un jour, elle a discuté de la question avec sa collègue, la Dre Erin Keely, une endocrinologue qui avait constaté des problèmes semblables de l’autre côté du processus de consultation. Ensemble, elles ont commencé à chercher une meilleure façon de traiter ces patients tout en réduisant les perturbations.

Les Dres Liddy et Keely ont alors pensé à eConsult, un service Web qu’elles avaient créé en 2009 pour les cabinets médicaux. L’outil en ligne permet aux médecins et aux infirmières praticiennes d’envoyer des questions et des renseignements sur la santé de manière sécurisée à un bassin de spécialistes prédéterminé. 

« En réalité, il s’agit d’une conversation, et c’est en créant la capacité d’avoir une conversation que l’on pourra fournir aux gens de meilleurs soins. »

« Disons qu’une analyse sanguine est effectuée et qu’il y a peut-être quelque chose qui ne va pas. Vous enverriez normalement le patient voir un hématologue, explique la Dre Liddy. Grâce à eConsult, vous pouvez maintenant envoyer le résultat du laboratoire avec votre question et un sommaire des antécédents du patient, demander s’il doit y avoir un suivi et quels seraient les conseils du spécialiste. »

De même, le médecin de famille peut demander conseil à un pharmacien clinicien à propos des médicaments d’un patient après une intervention chirurgicale et leur arrêt progressif, ou envoyer une photo d’un ulcère de pression à un dermatologue pour obtenir des suggestions de traitement. Les Dres Liddy et Keely espèrent qu’avec ces conseils, le médecin de famille sera en mesure de gérer seul le patient, et si la consultation d’un spécialiste est toujours nécessaire, celle-ci sera améliorée par l’information déjà échangée.

« En réalité, il s’agit d’une conversation, et c’est en créant la capacité d’avoir une conversation que l’on pourra fournir aux gens de meilleurs soins », ajoute la Dre Liddy.

Lancé il y a près d’une décennie, eConsult est utilisé dans les cabinets médicaux partout au Canada. En Ontario, plus de 100 services spécialisés sont offerts par eConsult par l’intermédiaire de plus de 500 spécialistes actifs qui répondent en moyenne dans les deux jours. Il a été démontré que peu importe la région, le service réduit le besoin de consultations supplémentaires auprès des spécialistes. Durant leurs premiers essais pilotes, les Dres Liddy et Keely ont constaté que les deux tiers des patients qui avaient eu droit à une consultation électronique avaient évité un rendez-vous avec un spécialiste.

Or, jusqu’ici, eConsult n’avait jamais été utilisé dans les foyers de soins de longue durée.

Grâce à leur initiative et au travail de la Dre Liddy à l’Institut de recherche Bruyère, le programme est maintenant à l’essai dans six foyers de soins du Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) de Champlain, dans l’est de l’Ontario.

La Dre Liddy croit possible d’obtenir des résultats semblables à ceux des cabinets, mais reconnaît qu’il est plus difficile d’intégrer eConsult dans le milieu des soins de longue durée. De nombreux foyers sont de petite taille et disposent de peu de ressources et de personnel. Pour ces raisons, elle suggère que chaque établissement pourrait avoir besoin d’une approche adaptée.

Au foyer St. Patrick’s Home of Ottawa, eConsult est intégré au flux de travail existant. Le personnel de bureau qui prend déjà les rendez-vous de consultation en personne avec un spécialiste pour les aînés a maintenant reçu la formation nécessaire pour faire la demande de consultation à l’ordinateur.

« Nous devons simplement nous assurer que le processus de mise en œuvre se déroule bien et que nous n’alourdissons pas un système déjà surchargé », explique la Dre Liddy.

C’est aussi la raison pour laquelle l’équipe d’eConsult organise des groupes de discussion dans chacun des six établissements où la technologie est mise à l’essai. Elle veut connaître la valeur ajoutée d’eConsult et voir s’il y a des problèmes à régler. En 2019, l’équipe prévoit mettre le programme à l’essai dans 18 autres foyers de soins de longue durée en Ontario, dans des villes comme London, Hamilton et Kingston.

« Le modèle d’eConsult contribuera à l’amélioration des soins de santé des aînés en leur permettant d’obtenir plus rapidement des conseils de spécialistes. Je vois un énorme potentiel pour réduire le nombre de rendez-vous de suivi. Je pense que nous commençons à peine à voir comment il est possible d’améliorer les soins de longue durée ».



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Ben Fung

Au cours de sa troisième année d’études de médecine, alors qu'il effectuait un stage clinique à l’Hôpital Sunnybrook, Ben Fung a perdu un patient. Ce n’était pas la première fois; d’autres de ses patients étaient décédés subitement ou des suites d’un trauma auparavant, mais ce décès l’a touché droit au cœur.

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L’hyperthermie maligne est une réaction rare et mortelle à l’anesthésie qui provoque une accélération de la fréquence cardiaque, une fièvre dangereusement élevée et de graves spasmes musculaires. Le dantrolène est le seul médicament qui puisse la traiter. Ainsi, lorsque les Services de santé de l’Alberta ont émis un avertissement en mai indiquant qu’il serait impossible d’avoir du dantrolène avant la fin du mois d’août, la question des pénuries de médicaments est devenue préoccupante pour le Dr Douglas DuVal.

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« Selon moi, l’aide médicale à mourir ne devrait plus être une chose dont nous parlons en catimini ou que nous cachons. Je pense que plus nous en parlons et plus nous la normalisons, mieux ce sera. »

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Quand on les compare à l’arsenal de surveillance médicale, les outils sont assez élémentaires : tensiomètre, oxymètre de pouls, pèse-personne, tablette informatique. Le Dr Kendall Ho est toutefois d’avis qu’entre les mains d’un patient, ils peuvent changer la donne.

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