Association médicale canadienne
D<sup>re</sup> Gigi Osler

« Je ne pourrais vous dire combien de jeunes étudiants en médecine, médecins résidents et médecins de couleur, surtout des femmes, sont venus me dire à quel point ils sont contents de voir quelqu’un qui leur ressemble à ce poste de leadership. »


« Ma réaction initiale a été “Moi? Pourquoi moi? Qui voterait pour moi?” »

La Dre Gigi Osler admet avoir eu le syndrome de l’imposteur lorsqu’on lui a suggéré, lors d’une conférence médicale en 2016, de présenter sa candidature pour le poste de président désigné de l’AMC. À l’époque, la Dre Osler menait déjà une carrière fructueuse comme chirurgienne-oto-rhino-laryngologiste au Manitoba. Elle était également présidente du Comité sur la santé et le bien-être des médecins de Doctors Manitoba.

« Je n’ai pas pu dormir cette nuit-là », se rappelle-t-elle. « L’idée de présenter ma candidature me terrifiait et m’excitait tout à la fois; au matin, l’excitation avait pris le dessus sur la terreur. »

Ce qui stimulait le plus la Dre Osler était la possibilité d’amener le débat sur la santé et le bien-être des médecins de la scène provinciale à la scène nationale.

« Pour moi, il s’agissait d’une question cruciale dont il fallait parler », confie la Dre Osler. « C’est déchirant de voir des médecins qui ne vont pas bien, qui ne sont plus heureux d’être médecins et d’exercer la médecine et qui ont perdu leur vocation. »

Portée par les encouragements de ses collègues et le soutien de sa famille, la Dre Osler a pris la décision de proposer sa candidature pour le poste de président désigné. Deux ans plus tard, en août 2018, elle prononçait son discours d’investiture à titre de présidente de l’AMC au Conseil général tenu dans sa ville natale, à Winnipeg.

« Nous n’irons pas très loin si nous nous entre-déchirons. Nous devons nous soutenir mutuellement, dit-elle. Nous bénéficierons tous de l’équité. »

Le moment n’aurait pu être mieux choisi. En 2018, le débat national sur la santé et le bien-être des médecins a pris de l’ampleur et depuis le début de son mandat, la Dre Osler s’est beaucoup fait entendre sur le sujet : elle a fait la promotion de la nouvelle politique de l’AMC sur la santé des médecins et fait connaître les résultats du Sondage national de l’AMC sur la santé des médecins, a aidé l’AMC à coorganiser la Conférence internationale sur la santé des médecins qui s’est tenue à Toronto et a accueilli une nouvelle vice-présidente, Santé et bien-être des médecins.

Depuis qu’elle est présidente de l’AMC, la Dre Osler s’est également prononcée sur de nombreux autres enjeux d’importance pour la profession médicale, notamment la légalisation du cannabis et les effets des changements climatiques sur la santé. Tout au long de ce travail, elle a aussi pris conscience de ce qu’elle représente pour de nombreux membres : la diversité de la profession.

Née de parents immigrants (son père était médecin d’origine indienne et sa mère, infirmière d’origine philippine), la Dre Osler est la première femme chirurgienne et la première femme de couleur à occuper le poste de présidente de l’AMC.

« Je ne pourrais vous dire combien de jeunes étudiants en médecine, médecins résidents et médecins de couleur, surtout des femmes, sont venus me dire à quel point ils sont contents de voir quelqu’un qui leur ressemble occuper ce poste de leadership », dit-elle.

« Cela m’a fait prendre conscience de l’importance de cette plateforme et de l’influence que j’y exerce; j’essaie de prôner l’inclusion pour tous et toutes au sein de la profession. »

La Dre Osler est également très franche sur la question de l’équité et de l’intersectionnalité. Elle n’hésite pas à aborder des sujets comme le mouvement #MoiAussi ou les agressions, l’intimidation et le harcèlement qui selon elle perdurent au sein de la profession médicale. Elle s’efforce de donner plus de poids à la voix des femmes et des autres groupes sous-représentés en médecine et de leur permettre de s’exprimer dans les hautes sphères de la médecine, le milieu universitaire et l’administration médicale.

« Nous n’irons pas très loin si nous nous entre-déchirons. Nous devons nous soutenir mutuellement, dit-elle. Nous bénéficierons tous de l’équité. »

« Nous pouvons faire mieux à notre bénéfice à nous tous en médecine et, en définitive, au bénéfice de nos patients. »



Plus de témoignages de médecins

Dre Jane Lemaire

En 2004, lorsque la Dre Jane Lemaire est devenue vice-présidente responsable du bien-être des médecins au Département de médecine de l’Université de Calgary, on commençait à peine à parler de la question. « On ne trouvait presque pas de ressources (sur le bien-être des médecins). Et surtout, il y avait très peu de sensibilisation, explique-t-elle. »

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Ben Fung

Au cours de sa troisième année d’études de médecine, alors qu'il effectuait un stage clinique à l’Hôpital Sunnybrook, Ben Fung a perdu un patient. Ce n’était pas la première fois; d’autres de ses patients étaient décédés subitement ou des suites d’un trauma auparavant, mais ce décès l’a touché droit au cœur.

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« Pourquoi avoir fait toutes ces années d’études pour devenir médecin si, en fin de compte, les diagnostics que je pose sont peu utiles, les patients n’étant pas en mesure de payer leur traitement? » Cette question, le Dr Nav Persaud se l’est trop souvent posée.

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Dre Rupa Patel

Lorsque la Dre Rupa Patel s’est jointe à un cabinet de Kingston, en Ontario, en 2010, elle a dû relever le plus grand défi de sa carrière. Bon nombre des patients dont elle a hérité – de 30 à 40 personnes – prenaient des doses élevées d’opioïdes pour soulager des douleurs chroniques. 

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Dr Douglas DuVal

L’hyperthermie maligne est une réaction rare et mortelle à l’anesthésie qui provoque une accélération de la fréquence cardiaque, une fièvre dangereusement élevée et de graves spasmes musculaires. Le dantrolène est le seul médicament qui puisse la traiter. Ainsi, lorsque les Services de santé de l’Alberta ont émis un avertissement en mai indiquant qu’il serait impossible d’avoir du dantrolène avant la fin du mois d’août, la question des pénuries de médicaments est devenue préoccupante pour le Dr Douglas DuVal.

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Dre Kimberly Wintemute

Il y a trois ans, la Dre Kimberly Wintemute s’est donné une mission : déterminer quels patients de son cabinet de médecine familiale couraient un risque de vivre dans la pauvreté. La Dre Wintemute croyait qu’en connaissant la situation économique de leurs patients, les médecins pourraient aider à réduire les répercussions des conditions de vie difficiles sur leur santé.

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Dr Kendall Ho

Quand on les compare à l’arsenal de surveillance médicale, les outils sont assez élémentaires : tensiomètre, oxymètre de pouls, pèse-personne, tablette informatique. Le Dr Kendall Ho est toutefois d’avis qu’entre les mains d’un patient, ils peuvent changer la donne.

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