Association médicale canadienne

Le médecin de famille Rick Tytus a commencé à faire des consultations virtuelles il y a quatre ans, par nécessité. Une patiente obèse qui habitait tout près du cabinet du Dr Tytus, à Hamilton, ne pouvait se présenter à un rendez-vous médical en raison de sa difficulté à monter les escaliers et du malaise qu’elle ressentait en public. Grâce à la vidéoconférence, le médecin soigne maintenant le diabète et l’hypertension de cette patiente, en plus de l’avoir aidée à perdre 50 livres.

« Elle se sent soutenue à présent, alors qu’avant elle se sentait abandonnée et croyait que son seul moyen d’obtenir des soins était par transport ambulancier », explique-t-il.

Croyant que les technologies virtuelles comme la vidéoconférence peuvent aider les patients à surmonter des obstacles physiques et psychologiques aux soins, le Dr Tytus aimerait que plus de médecins les adoptent. À titre de membre du nouveau groupe de travail national sur les soins virtuels, il prévoit raconter son expérience clinique lors de la première rencontre, le 28 mai prochain. 

Le groupe de travail est une initiative conjointe de l’AMC, du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et du Collège des médecins de famille du Canada. Il aura pour tâche de déterminer quels sont les changements requis sur le plan de la réglementation et de l’administration pour favoriser l’adoption des soins virtuels au Canada et permettre aux médecins d’en offrir aux patients, à l'intérieur et au-delà des frontières provinciales ou territoriales.

 « En tant que médecins, acteurs d’instances réglementaires et décideurs, notre vision des soins de santé et de leur prestation doit évoluer. » - Dre Gigi Osler, présidente de l’AMC et coprésidente du groupe de travail

C’est un enjeu que les membres de l’AMC ont aussi soulevé. Tant au Sommet de l’AMC sur la santé en août dernier qu’aux Forums régionaux des membres cet hiver, ils ont demandé un meilleur accès à la technologie et à la formation ainsi que des modes de rémunération plus diversifiés pour favoriser l’adoption des soins virtuels dans leur cabinet.

« Il s’agit d’une véritable occasion », indique le Dr Ewan Affleck, informaticien de la santé et omnipraticien à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest), et coprésident du groupe de travail.

« Les soins virtuels ne sont pas un domaine où nous avons bien réussi jusqu’à maintenant. Une approche consensuelle nationale est donc nécessaire. » - Dr Ewan Affleck, coprésident du groupe de travail

Pour le Dr Affleck, cette approche est moins liée à la technologie qu’à une bonne gestion des données médicales des patients. Il a passé 20 ans à développer un système de DME intégré pour toutes les organisations médicales des Territoires du Nord-Ouest, qui donne à chacune accès aux dossiers des patients. Le système unifié fait en sorte que les praticiens, qu’ils se trouvent à Fort Smith ou à Ulukhaktok, à 4 000 kilomètres de là, collaborent pour améliorer les soins aux patients.

« Nous devons penser à la valeur potentielle du numérique, qui est de transmettre aux médecins ce qu’ils doivent savoir pour prodiguer des soins de qualité : l’IA, les robots et toutes ces captivantes technologies découlent simplement de la capacité à déplacer de l’information. »

Le transfert des données des patients à l’échelle du pays sera plus difficile. Selon le co-président, le groupe de travail devra examiner les obstacles actuels comme le permis d’exercice, les ressources en santé et la culture de soins avant de concevoir un système intégré qui fonctionne

« C’est un marathon, pas un sprint, mais nous devons nous y mettre. »


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Rendez-vous sur la plateforme de mobilisation des membres pour vous joindre à la discussion, et consultez-la régulièrement pour connaître les dernières nouvelles sur le groupe de travail. Nous tiendrons aussi une discussion sur les soins virtuels dans le cadre du Sommet de l’AMC sur la santé au mois d’août prochain, à Toronto.


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