Association médicale canadienne

La stigmatisation entourant la santé mentale est omniprésente en médecine. La culture médicale décourage de beaucoup de façons les médecins d’aller chercher de l’aide ou de consulter lorsqu’ils en ont besoin. Les médecins sont formés pour faire passer les besoins des autres avant les leurs.

Dans le Sondage national de l’AMC sur la santé des médecins, les médecins et les résidents ont mis la stigmatisation et la honte au deuxième rang des obstacles les empêchant de demander de l’aide.

Et cette réalité peut avoir d’importantes répercussions non seulement sur leur bien-être, mais aussi sur les soins aux patients.

Le coût élevé de la stigmatisation en santé

Dans un article de BMC Medicine, la stigmatisation est globalement définie comme un processus social puissant caractérisé par l’utilisation d’étiquettes, les stéréotypes et la séparation qui amène une perte de statut et de la discrimination. 

En contexte médical, elle peut avoir plusieurs conséquences négatives :

  • Quand les médecins refusent de chercher de l’aide ou d’en recevoir, il y a des répercussions sur leur propre bien-être. En évitant le diagnostic et le traitement, ils risquent de voir leur santé se détériorer.
  • Une étude publiée dans le Journal of Medical Licensure and Discipline montre que certains médecins ont peur de nuire à leur carrière ou de se voir retirer leur permis d’exercice s’ils cherchent de l’aide pour un trouble de santé mentale.
  • Pour chaque médecin qui quitte la profession (en raison d’un trouble de santé mentale non traité, par exemple), des milliers de Canadiens sont privés de soins. Les fonds publics investis dans ses études (estimés à 285 000 $ pour un médecin de famille et à 760 000 $ pour un spécialiste) sont alors perdus.

Éléments essentiels pour réduire la stigmatisation

Pour qu’elle soit efficace, la réduction de la stigmatisation doit être intégrée à la prestation et à l’évaluation des services de santé.

Ses méthodes doivent faire partie de la formation initiale et continue de tous les travailleurs de la santé, à tous les échelons.

Cette page propose des ressources traitant des conséquences de la stigmatisation sur le bien-être des médecins. Vous y trouverez aussi des stratégies de réduction de la stigmatisation dans les milieux de formation et de travail qui normalisent la maladie, atténuent le sentiment de vulnérabilité et favorisent la recherche d’aide dans le but d’améliorer la santé et le bien-être des médecins.

Le rôle des éducateurs du secteur médical

Selon la Royal College National Physician Wellness Task Force (anglais seulement), le bien-être est une responsabilité partagée entre la profession, la personne et les environnements de formation et d’exercice. Les éducateurs du secteur médical peuvent jouer un rôle déterminant dans la réduction de la stigmatisation chez les apprenants en médecine. Un article de l’American Journal of Psychiatry (anglais seulement) rapporte que peu d’étudiants en médecine cherchent à obtenir des soins, souvent par peur de subir des conséquences professionnelles s’ils parlent de leurs problèmes de santé mentale.

Voici, entre autres, ce que peuvent faire les éducateurs du secteur médical pour réduire la stigmatisation :

  • Prêcher par l’exemple en étant un modèle à suivre en matière de bien-être — si vous voulez convaincre les apprenants que le bien-être devrait primer, priorisez le vôtre et joignez le geste à la parole dans votre propre travail.
  • Veiller à ce que les apprenants comprennent qu’ils évoluent dans un environnement sécuritaire sur les plans physique et psychologique, où ils peuvent s’exprimer et demander de l’aide sans crainte.
  • Normaliser la recherche d’aide — une pratique essentielle qui devrait être adoptée par toute la profession pour favoriser une culture du bien-être.

Pour en savoir plus sur ce que peuvent faire les éducateurs du secteur médical pour contribuer au bien-être des apprenants en médecine, visitez la section Éducateurs du Carrefour du bien-être.

Vous vivez de la détresse? Obtenez de l’aide dès maintenant.

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